Toto

21.8.2021

Dans l’affaire du groupe WhatsApp familial, mon père a tout de même insisté. "Michèle m’a dit qu’on peut désactiver le téléchargement des photos", m’écrit-il. "Je sais tout ça", réponds-je. Et j’ajoute qu’il vaut mieux simplement accepter la situation, sans chercher à l’expliquer. C’est là qu’il répond "Tu dois me pardonner, et faire la paix avec moi, pour pouvoir faire la paix à toi-même", ou quelque chose dans le genre. Un truc condescendant qui lui ressemble plutôt bien. Je réponds "J’ai pardonné, et je ne suis absolument pas en guerre ..." ce qui est un pieux mensonge, je le réalise après l’avoir envoyé. Cela révèle donc que, contrairement à ma conclusion du billet précédent, je ne lui pardonne pas totalement, pas encore. Je m’interroge : lui fais-je la guerre pour autant ? En quittant le groupe familial, je me suis mis dans une position défensive. Et qui dit défensive, sous-entend attaque, donc guerre. Donc, si je suis honnête : oui, je suis encore en guerre avec lui. Et avec moi-même ? J’écarte cette idée, tangible mais à mon avis fausse, destinée seulement à rabattre le problème sur moi. Je mène cette guerre pour obtenir la paix, et non pour détruire qui que ce soit, contrairement à avant. C’est une guerre défensive, dans laquelle je pose mes frontières, et entend bien, effectivement, les défendre. Qu’il respecte mes frontières et nous vivrons en paix. On peut pardonner à son agresseur sans pour autant accepter que ce dernier vienne vivre sous son toit, si je puis me permettre la comparaison. C’est évidemment dans son caractère d’avoir du mal à admettre le refus. Je suis légèrement intranquillisé par la situation - cet homme me fait toujours peur, et c’est bien le coeur du problème - mais en même temps, je me sens confiant car j’arrive enfin à poser mes limites. Et en apprenant à poser mes limites, je peux espérer retrouver ma sécurité, ma confiance, et arrêter d’avoir peur de lui. Ca ne serait pas si compliqué à comprendre, mais il faudrait qu’il commence par manifester un peu d’empathie.